Rubrique Véhicules

La première locomotive

La locomotive de Richard Trevithick, 1802.

La locomotive de Richard Trevithick, 1802.

L’origine du transport ferroviaire se perd dans les fumerolles des premières locomotives au charbon, et les informations que j’ai pu collecter sont imprécises et contradictoires. Que la locomotive à vapeur ait été inventée au début du XIXe siècle par l’ingénieur anglais Richard Trevithick est un fait avéré. Que le prototype originel ait effectivement roulé en 1802 à la mine de fer de Coalbrookdale, au nord-ouest de Birmingham, est déjà moins sûr. Quant à l’apparence de cette machine, elle est sujette à caution, le seul document parvenu jusqu’à nous étant un dessin daté de 1803 et conservé au Science Museum de Londres.

Quoi qu’il en soit, une version légèrement différente fut testée deux ans plus tard aux mines de Pen-y-Darren, au Pays de Galles. Le 21 février 1804, pour la première fois de l’histoire, une locomotive à vapeur tracta des wagons, sur une quinzaine de kilomètres, à la vitesse de 8 km/h.

La locomotive de Trevithick était une mécanique des plus rudimentaires, dont les rouages évoquent un gros Mécano. Une chaudière à charbon produisait la vapeur actionnant un unique piston, relié par un système de bielles à un grand volant d’un côté — dont le rôle consistait à entretenir le mouvement et amortir les à-coups du piston — et à un train d’engrenages de l’autre côté, transmettant le mouvement jusqu’aux roues motrices. Aucune suspension ne venait amortir les soubresauts de l’engin sur la voie. Le conducteur n’était pas installé sur la locomotive mais l’actionnait depuis un wagonnet situé derrière elle.

Aussi ingénieuse qu’elle fut, cette machine souffrait de graves défauts de conception. Ainsi, l’alimentation en charbon de la chaudière s’effectuait du côté du piston, ce qui était non seulement peu pratique, mais aussi particulièrement dangereux (la version utilisée à Pen-y-Darren remédiait à ce problème en inversant la position du piston sur la chaudière). L’axe de ce piston, très long et en porte-à-faux, devait probablement se gauchir sous l’effort, risquant à la longue d’endommager la mécanique. Quant aux roues dentées, disposées à l’air libre, elles auraient facilement pu broyer une main imprudente entre leurs mâchoires de métal.

Les premières locomotives de Trevithick, lentes et lourdes, brisant les rails de bois à leur passage, ne donnèrent lieu à aucune exploitation régulière. On leur préféra la traditionnelle traction hippomobile, plus sûre et moins onéreuse. L’ingénieur laissa à d’autres le soin de concevoir des machines plus légères, plus puissantes et rapides capables d’intéresser les industriels et les investisseurs. Confronté à des difficultés techniques et financières, il préféra tout abandonner et s’exila en Amérique du Sud. Il en revint dix ans plus tard, chassé par la révolution péruvienne, et mourut en 1833 dans le plus grand dénuement, faute d’avoir su faire fructifier ses inventions.

2 commentaires sur La première locomotive

  1. C’est superbe ! J’adore le rendu du métal.

    Olivier, le 13/12/2012

  2. Bonjours ; Je doit réaliser pour mes études un dessin d’un Robot Steampunk, et vos images et explications m’ont été d’un grand secoure ! Merci pour ces photo précise et nettes.

    Rudant corto, le 10/01/2014

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