Des couleurs accessibles (1)
On trouve sur Internet de nombreuses ressources détaillant les techniques améliorant l’accessibilité des sites. Mettre en œuvre ces recommandations est louable, mais les appliquer en comprenant leur raison d’être est plus satisfaisant encore. Voici pourquoi j’aborde, dans cette série d’articles, la question des couleurs et de leur perception par les personnes ayant une déficience visuelle, et en particulier les daltoniens.
Le daltonisme
Pourquoi le daltonisme ? Parce que c’est une anomalie visuelle courante, qui touche 8,5% de la population masculine (très peu de femmes sont affectées par ce syndrome). Le daltonisme est lié à l’altération d’un gêne et peut se transmettre d’une génération à l’autre. On distingue trois types de daltonisme :
- le monochromatisme, très rare, est une absence totale de perception des couleurs ;
- le dichromatisme est une cécité complète à l’une des couleurs du spectre :
- protanopie : insensibilité au rouge ;
- deutéranopie : insensibilité au vert ;
- tritanopie : insensibilité au bleu (rare).
- le trichromatisme se traduit par une sensibilité réduite à une couleur :
- protanomalie : faible perception du rouge ;
- deutéranomalie : faible perception du vert (forme la plus courante de daltonisme) ;
- tritanomalie : faible perception du bleu (rare).
Ce que voit un daltonien
Les images ci-dessous permettent de comprendre comment les daltoniens perçoivent les couleurs. Afin de bien marquer les différences, on a illustré les cas de dichromatisme, où l’une des couleurs primaires est totalement occultée. La photographie de référence, à gauche, a été modifiée pour simuler, de gauche à droite, la protanopie, la deutéranopie et la tritanopie.

Ces images ont été obtenues à l’aide de Visicheck, une extension pour Photoshop qui permet de simuler différents types de daltonisme sur une image.
On constate que non seulement les couleurs sont altérées, mais aussi que certaines teintes, bien distinctes pour une vision normale, sont indifférenciables pour le daltonien.
Il résulte que pour améliorer l’accessibilité d’un site aux daltoniens certaines associations de couleurs doivent être évitées, ou du moins leur différence de luminosité doivent être assez marquées pour qu’elles puissent être distinguées. C’est l’un des prinpaux objectifs des recommandations WCAG concernant les contrastes de couleurs, comme on le verra dans le prochain article de cette série.
- Sources :